Avant de vouloir comprendre comment fonctionne l'esprit de Caliban (onglets "Ca", "Surmoi" et "Moi" à gauche de ce texte), il est absolument nécessaire d'avoir quelques notions de ce qu'est l'appareil psychique de Freud. Dés lors, l'objet de cette page n’est pas de faire un cour magistral sur la théorie de la psychanalyse mais de présenter, de façon accessible à tous, ses grands principes fondateurs. C’est pourquoi j’invite le puriste à être indulgent vis à vis des raccourcis utilisés et des subtilités (pourtant importantes) qui seront laissées de coté (il est fort probable que j'ajusterai ce texte afin qu'il permette une compréhension aisée sans pour autant négliger trop de paramètres). De la même façon, j’invite les profanes à accepter en tant que tel les postulats de cet présentation. Je tiens cependant à leur assurer que ces axiomes sont le résultat de plus d’un siècle de théorisation et ont été validés par l’expérience à maintes reprises. Ainsi, libre au lecteur de se documenter sur tel ou tel point le laissant sceptiques. Enfin, il serait vain de vouloir synthétiser l’ensemble des courants de la pensée Freudienne de sorte que je m’en tiendrai aux concepts généraux que j’ai personnellement retenu pour l’élaboration de la Personae de Caliban. Entrons désormais dans le vif du sujet...

La psychanalyse de Freud à révolutionné la pensée humaine en ce sens qu’elle à démontré de façon spectaculaire que l’immense majorité de nos processus mentaux s’effectue de façon inconsciente. Jusqu'au début du XXème siècle, l’être humain s’imaginait qu’il exerçait un contrôle total sur ses pensées et donc que l'introspection était le meilleur outil d'investigation de l'esprit.

Mais lorsque Freud publie sa première Topique, élaborée à partir de l’analyse du comportement d'individus névrosés (personnes perturbées mais contact social possible) ou étant atteins de psychose (contact social devenu impossible), il fait voler en éclat cette croyance au même titre que la révolution Copernicienne à réduit à néant le concept d'univers géocentrique.
Ainsi donc, avec Freud, on apprend que l’esprit humain est principalement régit par des processus inconscients et que notre « pensée » ou encore notre « volonté » ne sont qu'une infime partie à peine visible de l’iceberg. La première topique de Freud se propose alors de présenter un schéma de l’esprit humain de la forme :

Pourtant, bien que novatrice, cette théorie ne satisfera pas pleinement Freud car il s'aperçut rapidement qu'elle était insuffisante pour expliquer convenablement certains phénomènes tels que le refoulement. Il décide alors de développer plus en avant son concept et, au terme de décennies de travail et études de cas, élabore la seconde topique. Cette dernière exploite elle aussi les concepts de conscient, préconscient et inconscient, mais cette fois non plus en tant que source des phénomènes. Ils sont seulement considérés comme des zones "psychiques" exploitées par des instances supérieures. Ces instances sont les notions de Ça, le Moi et le Surmoi (les unes comme les autres peuvent être plus ou moins conscientes ET inconscientes). Chacune de ces trois notions exploite ainsi plus ou moins la première topique (différence de ratio de participation conscient/Préconscient/Inconscient). Le rapport de liaison entre elles peut être schématisé de la façon suivante :

A la lumière de cette figure, il ressort que le Moi (ce que nous savons de nous) est la résultante de force qui s’opposent (ou vont de concert) entre le monde extérieur, le Ça et le Surmoi. Le Moi à donc pour unique fonction de gérer les conflits entre ces différentes tensions afin que notre esprit reste fonctionnel.

Si l’on entre plus dans les détails, nous pouvons dire que :

Le Ça est l’héritage de nos ancêtres animaux. Il est guidé par les deux forces extrêmement puissantes que sont l’instinct de Mort (qui assure l’intégrité physique de l'être en nous poussant à vouloir détruire l’autre) et la libido (qui nous pousse à établir avec autrui une relation positive). Le Ça est pour ainsi dire un processus exclusivement inconscient sur lequel notre volonté n’a absolument aucun contrôle. Précisons que ce dernier ignore tout du temps et des contraintes.

Le Surmoi, quant à lui, est le réservoir de notre héritage culturel (connaissance, tradition, morale) qui nous a été transmis par notre environnement lors de notre enfance (et dans une moindre mesure à l’âge adulte). Il s’agit donc d’un juge sévère de nos actes qui va s’assurer que notre comportement est en adéquation avec la société dans laquelle nous vivons. Là encore, son action est majoritairement inconsciente.

Enfin, le Moi est la partie « globalement consciente » de la personne. C’est cette entité qui prend des décisions, pense et motive la volonté d’agir. Or, bien que consciente, cette partie de l’individus est majoritairement asservie au Ça et au Surmoi sans même s'en rendre compte. C’est la raison pour laquelle certaines pensées qui nous viennent à l’esprit nous répugnes (le Ça déclenche une pulsion que le Surmoi musèle et à laquelle notre Moi joue le rôle de simple spectateur). Cette partie de notre esprit est stimulée (sinon assaillie) en permanence par notre inconscient (Ça et Surmoi) ce qui fait d’elle un système capable d’initiatives. La réflexion sur cette "initiative" a pour seul et unique but de la rendre exploitable dans le monde extérieur.


Il ressort donc de tout ceci un trait de la nature humaine qui est très perturbant pour notre ego : Nous ne sommes maître de nos actes que dans une très faible mesure et cette fameuse conscience de soi (ou intelligence comme la nomme certains), fil conducteur des actuelles recherches en robotique, n’est qu’une composante tout à fait négligeable de l’esprit !

Ainsi, pour schématiser, nous pouvons ramener notre principe cognitif à deux systèmes globaux qui s’affrontent de notre naissance à notre mort : Un Ça générateur de pulsions (plus ou moins aléatoires) sans cesse déchargées dans le Moi, sans cohérence ni limitations, et un Surmoi qui filtre et régularise ces dernières. Enfin, le Moi, spectateur, se les approprie et les rend intelligibles et exploitables dans la réalité en les organisant de façon logique.
En d’autres terme, nous avons un ensemble de moteurs relativement simples générant des besoins (pas nécessairement motivéés par le corps) sous la forme du Ça, un système ayant accumulé un ensemble de connaissances destiné à normaliser tout le reste en tant que Surmoi et enfin un opérateur convertissant les pulsion filtrées en données exploitables. Rien d’insurmontable pour les méthodes et calculateurs actuels…

Bien entendu cette vision de l’esprit humain est incroyablement simplifiée mais il est parfois nécessaire de revenir à l’essentiel pour être capable d’aborder un concept dans sa globalité.

Partant de ces principes généraux et simples, nous allons donc pouvoir étudier de quelle façon les mettre en œuvre au sein d’un ordinateur.

Je vous invite donc à aller consulter la page de la théorie à la pratique qui, bien que  n'entrant pas encore pleinement dans l'aspect technique, commence à introduire la logique et les méthodes d'explotation de Caliban.