La robotique…

Cette notion aujourd’hui familière du grand public fait partie de notre quotidien. Quelque soit le nom qu’elle puisse prendre (domotique, électronique…etc.), tout individus vivant dans des pays industrialisés sait de quoi il s’agit et vouloir la définir semble sans objet. Cependant, la finalité des robots a bien changée à travers le temps de sorte qu’aujourd’hui, ce terme est usité pour désigner toutes sortes d’appareils plus ou moins sophistiqués. Mais à l’ origine, la Robotique désignait une science bien plus ambitieuse que celle existant aujourd’hui…

En effet,  ce concept, que nos générations se sont appropriés, n’est pas nouveau et l’on peut aisément en trouver sa trace en remontant jusqu’à l’antiquité.

La première notion  de « Robots » dans l’histoire humaine appartient à la mythologie grecque et est particulièrement présente dans l’histoire du roi de Chypre. Ce dernier tomba éperdument amoureux d’une statue qu’il avait réalisé et que la Déesse Aphrodite décida d’animer afin de permettre leurs noces.  Bien qu’a cette époque on attribua la capacité d’insuffler la vie et, mieux encore, l’intelligence, à un quelconque pouvoir divin, l’idée de ce qu’est un robot y est bien présente. D’ailleurs, 2500 ans plus tard, l’écrivain de Science-fiction Arthur C.Clarke (célèbre créateur du HAL-9000) dira à peu prés en ces terme que « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie». Or il semble absolument certain que notre technologie semblerait « magique » aux contemporains du Roi de Chypre…

          Admettons donc qu’il s’agisse du premier « robot » de l’histoire. Du conte populaire aux légendes, les robots ont, depuis toujours, été nos compagnons. Il est notable de remarquer que dés l’origine, l’idée que l’on se faisait de la robotique s'appliquait quasi exclusivement à la forme humanoïde. Un robot se devait d'être d'une apparence proche de l'homme. Mais pourquoi une « machine » ou une « statue animée » devait elle impérativement avoir forme humaine plutôt qu’autre chose ?

          J’ai bien souvent posé cette question à mes compatriotes et bien peu ont été capables de me répondre alors que la réponse était évidente pour nos ancêtres… Preuve que notre technologie a fait perdre une partie de son âme et de sa noblesse à la robotique. Pour qu’une machine autonome puisse évoluer aisément dans notre environnement, utiliser nos outils, interagir avec nous, exploiter nos connaissances, il est absolument nécessaire qu’elle nous ressemble ! Quelle autre forme qu’un système humanoïde pourrait piloter une automobile, manipuler un couteau, exploiter un ordinateur, nous servir le café… Tout cela avec une unique morphologie

         

          Ne palabrons donc plus sur la forme que doit avoir un robot, un vrai ! Il s’agit ici nécessairement d’un humanoïde de même corpulence que nous.

          Si les Grecque attribuaient la capacité de créer de tels individus aux Dieux, un certain René Descartes révolutionnera la vision que l’Humanité à sur la faisabilité des robots. En effet, Descartes introduit le concept d’Homme mécanique et démontre, avec plus ou moins de bonheur, que nous ne sommes qu’une mécanique, certes incroyablement complexe, mais reproductible. Si du temps de Descartes on arrivait déjà à conceptualiser qu’un système mécanique puisse reproduire, ou imiter, les grandes fonctionnalités du corps, en revanche, concernant l’intelligence (ou âme, pensées…etc. Choisissez le terme qu’il vous plaira) on devait encore s’en remettre à Dieu, seul capable de réaliser une telle prouesse…

… Mais peu de temps plus tard, un autre philosophe, Pascal mit au point la Pascaline, premier calculateur automatique de l’histoire. Bien que mécanique, cette magnifique (c’est bien le mot approprié) machine était capable d’effectuer de façon autonome des opérandes et donc fut la première à mettre en œuvre le principe de computation des données même si ce dernier n’avait pas encore été théorisé !!!

         Et donc quelques « fous » se mirent à rêver des fameux Hommes mécaniques de Descartes dont les fonction de cognition seraient assurées par une sorte de super Pascaline. Le concept de robot au sens moderne du terme, en tant qu’objet manufacturé et non plus divin, venait de voir le jour.

         Puis vint le XXème siècle où l’on inventa (je préfère le terme redécouvrit) le robot « possible » au travers des œuvres de science fiction.  Je ne traiterai pas de ces œuvres (même si j’en ai furieusement envie) car ce n’est pas l’objet de ce site. Ce qu’il faut juste retenir est que le robot redevint un objet populaire fantasmagorique et non plus un jeu de l’esprit réservé à une élite.

         Bon nombre de futur savant qui grandirent dans les années 1920 furent abreuvés de robots dans les magasines et au cinéma de sorte que ce fut cette génération qui « inventa » l’ordinateur qui, de mon point de vue, n’est rien de plus que notre fameuse super-Pascaline a ceci prêt que ce n’est pas un ressort qui active des rupteurs mécanique mais l’électricité. Ces premiers ordinateurs, des monstres clignotants qui font aujourd’hui rire nos enfants étaient pourtant extraordinaires en ce sens qu’ils mettaient à la portée de l’homme des calculs dont la complexité était telle qu’aucun cerveau n’était capable de les réaliser dans le délais d’une vie. A l’origine machine militaire, les AC (ENIAC, UNIVAC…etc.) envahirent les laboratoires et le bit de calcul devint de moins en moins un luxe.

         Face à de telles machines capables d’effectuer des centaines d’opération à la seconde, l’homme fut humble et admis que leurs lointaines descendantes pourraient très bien égaler le cerveau humain. Que ce soit le HAL-9000 de Clarcke ou le R-Daneel d’Asimov, ces machines, encore incroyables aujourd’hui sont les enfants imaginaires des AC…

          Oui car c’est la triste réalité ! Les AC, aujourd’hui appelé "gros systèmes" voient leur intelligence fragmentée dans le but de leur faire assumer le rôle de serveur pour nos fameuses connexions internet, dont ne pouvons pas nous passer aujourd’hui et qui n’existaient pas il y a 10 ans… Quoiqu’il en soit, les descendant actuels des AC sont trop spécialisés et coutent beaucoup trop cher pour constituer la super-Pascaline nécessaire aux robots. Fort heureusement, l’informatique grand public a explosée durant les années 1970 et les ordinateurs personnels se sont tant rependus que, dans nos sociétés industrialisées, ne pas être familiarisé avec ce genre d’appareil semble incroyable. Ainsi, les puissances de calcul aujourd’hui a notre disposition ridiculisent complètement les premier AC et ce pour un cout de quelques centaines d’euros et un encombrement réduis !!! Les systèmes électroniques sont partout, de notre voiture à notre rasoir électrique en passant par notre facture d’eau. Il va de soit que parallèlement à l’explosion des micro-ordinateurs, les recherches en robotiques ont progressés mais, à mon sens, ont aussi stagnées voir régressées…

        Progressées, c’est évident. Le premier GPS ou téléphone cellulaire venu nous le rappelle. Stagné, c’est moins visible pourtant il suffit de voir que les technique de programmation et/ou de computation n’ont rien apporté de fondamentalement novateur depuis des décennies pour s’en convaincre. Régressé, c’est à peine visible à moins de pointer le doigt dessus… un doigt qui appuis là où ça fait mal… Sur les ambitions de la robotique ! Descartes et Pascal rêvaient qu’un homme mécanique capable d’accomplir tout ce que nous faisons. Ils estimaient que c'était du domaine du possible. Aujourd’hui, malgré nos hyper calculateurs, les plus grands laboratoires se contentent de faire marcher et courir de vulgaires automates sans « âme » coutant des sommes indécentes.

        Le principe tacite admis de nos jours est que la puissance de nos systèmes de computation est insuffisante pour reproduire, même en partie, la psyché humaine. Je crois que cela amuserait les philosophes et théoriciens des temps passés. Nous nous enorgueillissons de nos technologies, qu’elles soient virtuelles ou télécom, mais nous avons baissé les bras concernant la robotique cognitive et nous nous contentons de travailler sur des automates de luxe exploitant des théories algorithmique éculées ou petits systèmes automatisés qui n’ont d’autre prétention que de distraire.

        La science robotique est aujourd’hui dans une impasse technique et la motivation n’est plus là. Certes nos machines sont hyper sophistiquées mais les sciences leur servant de moteur sont vieillissantes et usées jusqu’à la trame. Nos machines ne sont pas assez puissantes, l’esprit est trop complexe pour l’imiter… Allez donc dire ça à Freud et Platon ! Comble de l’horreur, l’ordinateur est perçu comme une fin en soi et non plus qu’un un outil permettant de transcender les lois de la cognition. Les roboticiens se sont détachés des spécialistes de la Psyché humaine (philosophes, psychologues et psychanalystes) pour se rapprocher des biologistes du cerveau. On cherche à reproduire la façon dont le cerveau compute, ce qui est très limitant, au lieu de tenter de comprendre comment la psyché fonctionne. Bref, vous l’aurez compris, la robotique actuelle ne m’enchante guère et rare sont les robots qui m’impressionnent. Je suis très peiné de voir que dés qu’un roboticien s’exprime, c’est pour citer les travaux de je ne sais quel biologiste en référence, de je ne sais quel théorie de l’évolution ou telle zone du cerveau.

        Le fonctionnement de la nature est infiniment complexe car il met en œuvre des principes pseudo chaotiques et nos systèmes informatiques ne sont pas assez puissants pour les reproduire. On se base là dessus pour affirmer avec une certitude quasi religieuse que l’intelligence Artificielle, et a plus forte raison la Conscience Artificielle, sont du domaine de l’inaccessible avec les moyens actuels même à moyen terme. C’est aller bien vite en besogne et oublier que la nature va toujours au plus simple et que, bien que notre biologie soit complexe (cerveau comportant des milliard de neurones interconnectés entre eux), il suffit de se pencher sur le cas des animaux simples (abeilles, fourmis…etc.) pour s’apercevoir que même un pseudo-cerveau microscopique parvient sans problème à computer une Psyché suffisante à rendre au individus autonome, sociable et fonctionnel.

        C’est donc que l’essence même de l’intelligence ne réside pas dans la puissance de calcul disponible mais dans la logique qui exploite cette puissance de calcul.

 Les savants ultraconservateurs voulant s’offrir leurs magnifiques jouets des plusieurs millions d’euros capables de sautiller ou porter un plateau sont bien trop « scientifiques » pour vouloir se rapprocher de ceux qui détiennent le véritable savoir sur la conscience.En effet, la philosophie et la science ont consommés leur divorce au cour du siècle passé ce qui est peut être un des plus grands drames de l’histoire. Il n’est pas respectable pour un « scientifique » de s’intéresser à la philosophie ou a la psychanalyse... Ce n’est pas bien un point c'est tout. Je pense que nos Descartes et nos Pascal doivent s’en retourner dans leurs tombes…

Pour finir, nos éminents roboticiens si adroits à faire marcher leurs jouets automatisés hors de prix se contentent de perfectionner une technique dépassée et sans avenir (les algorithmes conventionnels). Il en va de même pour les recherches sur les réseaux de neurones mais j’expliquerai ceci plus tard. On nous abreuve donc d’une multitude de machines faisant tout et n’importe quoi pour un prix exhorbitif  sensée améliorer une énième fois une xième amélioration. Comble de l’ironie, ces machines n’impressionneraient pas plus que ça un individu qui aurait vécu au tout début du XXème siècle. Et nous sommes heureux ainsi…

          Mais le rêve de l’Homme mécanique… Où est t-il ? A t-il toujours sa place dans tout cela ? Est-il vraiment irréalisables ?

 

Il n’en fallait pas plus pour que nous nous penchions sur la question…